Friday, June 09, 2006

felicidades e tristezas da precariedade.



Quinta, 15 Junho, às 18h00, o Monte acolhe uma conversa sobre as "felicidades e tristezas da precaridade" acompanhado do lançamento do livro "La mémoire et le feu, Portugal: l’envers du décor de l'euroland", de Jorge Valadas

// conversa sobre «Felicidades e tristezas da precaridade. De Shanghai a Oliveira de Frades, passando pelos subúrbios franceses» com a presença de Jorge Valadas

// apresentação do livro recentemente lançado em França "La mémoire et le feu , Portugal: l'envers du décor de l'euroland"

«Dans un pays où la grande majorité de la population habite désormais dans les grands centres urbains de la côte, l'activité agricole se meurt, l'entretien des bois et des forêts est abandonné, au point que, à superficie égale, il se produit sept fois plus d'incendies au Portugal qu'en Espagne et vingt fois plus qu'en Italie.»

Le livre dresse en quelques rappels historiques et aperçu de la vie sociale, le bilan du nouveau Portugal - démocratique depuis 1974, européen depuis 1986. L'auteur y évoque la désertification tant humaine (l'émigration, la précarisation) que naturelle (les incendies, la sahélisation) du pays. Il nous parle aussi d'utopie et nous rappelle les moments de rupture où se sont affirmées les aspirations emancipatrices, libertaires - depuis les violentes révoltes du début du XXe siècle jusqu'aux excès de la révolution des œillets. Jorge Valadas est l'autre nom de Charles Reeve, qui a fait paraître chez L'Insomniaque avec Hsi Hsuan-Wou: Bureaucratie, bagnes et business (1997). Il a également publié de nombreux ouvrages politiques et historiques sur le développement du capitalisme en Chine entre autre Le tigre de papier (Ed Spartacus, 1972), visant à dénoncer l'imposture maoïste. Sur le Portugal son pays d'origine, il a publié : Portugal, l'autre combat (Ed Spartacus, 1975), L'Expérience portugaise (Ed. Spartacus, 1976) et Les Œillets sont coupés (Ed. Paris-Méditérranné, 1999). Il anime la revue Oiseau-tempête depuis sa création.
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3 Comments:

Blogger heykal said...

Voyage en Chine.
La déesse Démocratie changée en déesse Marchandise.

Dix ans après notre précédent voyage (voir Bureaucratie, bagnes et business, L’insomniaque, 1997), nous avons à nouveau parcouru plusieurs grandes villes chinoises (Hongkong, Shanghai, Suzhou, Nankin, Hefei, Pékin) pendant un mois et demi, avec une courte escapade dans la campagne près de Pékin. Périple libre, par le train et en voiture, facile, sans aucune entrave pour circuler. Le fait que l’un d’entre nous connaisse la Chine depuis 40 ans et parle parfaitement le chinois a facilité les contacts directs. Nous avons aussi eu la chance d’être hébergés dans la famille d’amis émigrés chinois vivant à Paris, ce qui nous a permis de partager un peu de leur vie de tous les jours.

Hsi Hsuan-wou et Charles Reeve

ML - Avez-vous noté une présence policière ou des membres du Parti communiste ?

La Chine reste une société totalitaire où l’Etat et le parti unique sont deux institutions qui, pour être distinctes, se confondent dans leur rôle répressif. Les revendications de démocratie, qui s’étaient manifestées dans le mouvement de 1989 et qui ont abouti au massacre de Pékin, ont été totalement rejetées et niées. Mais, de fait, cette revendication d’une démocratie aux contours vagues a trouvé son épanouissement dans l’explosion de l’économie marchande. La démocratie s’exprime par la profusion de marchandises, la pléthore des boutiques et de centres commerciaux, l’essor de l’aliénation consommatoire. Certes, cela ne concerne pour le moment qu’une minorité de la société, peut-être 150 millions de Chinois y ont accès, alors que le milliard et 150 millions restant en est exclu. Mais l’accès au monde de la marchandise semble perçu comme le résultat des « réformes » et la preuve que la Chine change. La « déesse de la démocratie » des étudiants de Pékin de 1989, s’est réincarnée en déesse de la marchandise.

La présence de la police en uniforme dans la rue est beaucoup plus faible que dans un pays « démocratique » comme la France. Quelques voitures sillonnent les rues, à la manière américaine. Mais il y a police et police. La société chinoise est extrêmement militarisée. Les vigiles en uniforme sont présents partout, des très jeunes gens, il y a en a des centaines de milliers, aux portes des restaurants, centres commerciaux, halls d’immeubles, aux quatre coins de rue, les gares. Les sociétés de gardiennage, qu’on dit liées aussi bien aux rois de la pègre qu’au réseaux du pouvoir, sont omniprésentes.

Cependant, c’est la partie non visible du totalitarisme qui est sans doute la plus prégnante dans la société : le système de travail forcé. Le laogai continue en effet de fonctionner dans l’ombre de ce système orwellien. S’il a servi par le passé à écarter les dissidents, il reste aujourd’hui indispensable pour maintenir la discipline du travail dans une société où les taux d’exploitation et les conditions de travail sont parmi les plus féroces du monde. Ce système, dont on ne parle jamais, reste invisible aux yeux du citoyen moyen qui se tient coi et du voyageur de passage. Mais il est là.

Quant au parti, sa présence est encore moins visible. Le contrôle du parti par les moyens anciens, dans les cellules d’entreprise et de quartier, les syndicats et autres « organisations de masse », s’est relâché, quand le seul slogan idéologique est désormais : « Enrichissez-vous ! », lequel, pour la majorité des prolétaires, se traduit dans la réalité par l’injonction plus crue : « Bossez ! ».
D’après Les Neuf commentaires, document diffusé par l’organisation religioso-gymnique Falungong — qui est actuellement le seul groupe en Chine à critiquer l’évolution du parti totalitaire, quoique avec des arguments réactionnaires — le parti aurait perdu dans les dernières années quelque trois millions de membres. Ces chiffres sont difficiles à confirmer, ils sont peut-être exagérés. Dans les entreprises, parmi les travailleurs, les membres du parti sont devenus une denrée rare. Comme nous disait un chauffeur de bus de Shanghai, aujourd’hui on entre au parti si l’on veut monter dans l’hiérarchie. Par contre, tout l’encadrement des entreprises et organismes est composé de membres du parti. L’appartenance au parti est une passerelle vers la classe capitaliste privée. Ainsi, lorsque la société de transports publics de Shanghai fut divisée en plusieurs entreprises privées, les différents dirigeants du parti se sont partagés les morceaux. En gros, ce sont les patrons et les cadres qui restent au parti communiste. Le parti reste présent également dans les milieux intellectuels et culturels. Cela explique que le contrôle social se soit transformé. Le système reste toujours répressif mais la répression s’exerce surtout par la peur du laogai.
Toutefois, la force du développement capitaliste privé est telle que de nombreux patrons et de nouveaux riches ne sont pas au parti, ou n’y sont plus, car ils n’en ont plus besoin. Avant c’est le pouvoir qui procurait de l’argent ; aujourd’hui le rapport est en train de s’inverser — la classe bureaucratique et la classe capitaliste naissante ayant tendance à se fondre en une classe unique. Un jeune Pékinois riche nous expliquait avec fierté qu’un des patrons de l’immobilier local était un homme parti de rien. Il ajoutait : « Il n’a pas besoin d’être au parti. S’il est assez puissant pour faire construire des immeubles sur Chang’an dajie, la principale avenue de Pékin, c’est qu’il a les appuis nécessaires ! » Façon polie de décrire la formidable corruption qui irrigue tous les échelons de l’État et qui ronge la société, du sommet à la base.


ML - Avez-vous eu des contacts avec des gens de l’opposition ?

La nature de « l’opposition » a changé en Chine depuis l’écrasement dans le sang du mouvement de 1989. A part les quelques « dissidents » qui ont trouvé refuge en Occident, la grande majorité des étudiants révoltés se sont accommodés de la nouvelle situation. La dynamique capitaliste qui bouleverse la société chinoise depuis maintenant vingt ans laisse peu de place à la dissidence classique et certains étudiants contestataires ont même réinvesti leurs aspirations dans la liberté du commerce et les affaires. Aujourd’hui, la « dissidence » se réduit pour l’essentiel à des individus qui prônent une réforme du parti, une démocratisation de ses structures et de son fonctionnement, une application correcte des lois et des « libertés » prévues par la constitution. Le parti communiste lui-même est très divisé, tout d’abord entre les instances centrales et les provinces, entre les régions les plus riches et les plus pauvres — à quoi s’ajoute l’opposition entre deux grandes tendances, les « conservateurs » (qui tentent de préserver un minimum d’Etat social) et les « modernes » (partisans du capitalisme libéral). Beaucoup d’opposants actuels se déterminent par rapport à ces deux tendances. La première est ainsi représentée au sein du « mouvement des avocats » qui défendent les travailleurs et paysans lésés par l’exploitation sauvage, et qui demandent à l’Etat-Parti une application juste des lois existantes. Certains anciens « dissidents » soutiennent au contraire le courant libéral, car ils voient dans le développement du capitalisme la possibilité d’une « démocratisation » à l’occidentale.

La police secrète restant omniprésente, avoir un contact direct avec un de ces « dissidents » implique pour le voyageur de passage d’être repéré et suivi partout jusqu’à la fin de son séjour, et d’attirer des ennuis supplémentaires au dissident en question. On peut considérer que la vraie opposition se trouve aujourd’hui dans les mouvements sociaux qui éclatent partout, des grèves dans les grandes entreprises multinationales installées dans les zones économiques spéciales aux mobilisations contre les expulsions des terres et des immeubles orchestrées par les capitalistes de l’immobilier en accord avec les autorités du parti. On a un bon exemple à Pékin, avec les mouvements populaires de résistance aux expulsions et expropriations en vue de l’organisation des Jeux Olympiques. En général, on peut dire qu’on ressent un profond sentiment populaire d’insatisfaction. Cela va des formules modérées : « Les réformes ne vont pas dans le bon sens » à la critique généralisée de « la corruption » et des « nouveaux riches» (euphémisme pour parler de la nouvelle classe capitaliste), jusqu’aux discours fleuves contre les dirigeants et les exploiteurs qu’on peut entendre ici et là, au détour d’une rencontre et d’une conversation pour peu que la confiance s’installe. Tout cela est, certes, imprégné de fatalisme et de résignation, mais un sentiment de rage et haine diffuse est perceptible. Compte tenu de l’état de concentration des populations misérables dans les villes, on peut penser qu’une protestation de caractère général suffirait pour qu’un tel sentiment s’exprime et débouche sur une révolte d’une ampleur incommensurable. Quand, comment ? C’est là une autre question.
Il semble que la crainte d’un pareil mouvement habite le pouvoir. La police chinoise modernise actuellement ses unités anti-émeute (avec l’aide de spécialistes français, entre autres) en prévision des Jeux, mais c’est la question sociale qui préoccupe avant tout les dirigeants.

Oui, il est donc facile de contacter des gens de l’opposition aujourd’hui en Chine. Il suffit d’aborder les gens du peuple qu’on croise. Ensuite, tout est affaire de circonstances et de hasard.


ML - Est-ce qu’il y a toujours un culte de Mao ? Absence ou présence de son portrait ?

Le personnage de Mao est omniprésent dans la Chine contemporaine. Il l’est à des plusieurs niveaux et joue des rôles différents. Officiellement l’image de Mao est toujours de mise et elle donne la caution idéologique au régime, la caution d’une continuité entre le passé et le présent. L’idée est de faire passer l’essor capitaliste privé, la naissance d’une classe capitaliste à l’ombre du parti, pour un résultat du développement socialiste de la Chine. Le « développement des forces productives » de la vulgate marxiste-léniniste trouve sa réalisation dans le cadre du capitalisme sauvage qui s’impose au peuple chinois. Le développement — « l’édification » dans le jargon officiel — est l’objectif du mouvement historique, la preuve que le socialisme a réussi. L’image de Mao est là, sur les billets de banque, pour le rappeler à chaque instant.
Mais sur le terrain populaire l’image de Mao a une tout autre fonction. D’une part, et par rapport à ce qui vient d’être dit, afficher Mao c’est se protéger de l’Etat lorsqu’on se livre à une activité illicite ou illégale qui permet au prolétaire chinois d’améliorer l’ordinaire. C’est aussi une façon de se protéger de la critique. On nous racontait comment, lors d’une révolte contre des expulsions dans un quartier de Pékin, un habitant avait couvert sa maison de « citations » signées Mao, critiquant les expulsions. La police mit quinze jours avant d’oser y toucher, alors même que certaines des citations étaient fausses et avaient été inventés de toute pièce par le résistant en question…
Mais il arrive aussi que Mao représente un signe d’opposition au cours actuel des choses. C’est le Mao populaire. Vous rentrez chez quelqu’un qui a décoré sa pauvre demeure d’une dizaine de portraits de Mao, et vous êtes sûr d’être en face de quelqu’un qui n’est pas satisfait de la situation actuelle. Ce Mao représente la nostalgie du « socialisme » d’avant, plus égalitaire, et la corruption favorisée par « la réforme », le « socialisme de marché ». C’est ainsi que la figure de Mao devient un élément d’un nouveau mythe émancipateur — même si le personnage représente l’autoritarisme et la barbarie d’un passé proche en voie d’oubli — le mythe de l’égalitarisme et de la justice sociale. Cela peut paraître incongru mais c’est ainsi. Cela ne veut nullement dire que l’émergence d’un nouveau mouvement social d’opposition reprendrait à son compte les idées du « maoïsme » du passé.


ML - Les investissements capitalistes étrangers sont-ils très visibles ? Qu’avez-vous remarqué quant à la pollution, suite au développement rapide d’un « capitalisme sauvage » ?

La question serait plutôt de savoir où ils ne sont pas visibles ! La Chine est aujourd’hui un des nœuds de la poursuite de l’activité capitaliste sur la planète. D’une part parce qu’elle est devenue « l’atelier du monde », où sont produites, assemblées, la plupart des marchandises, biens de consommation à des prix qui permettent de baisser le coût de la reproduction de la vie et du travail partout ailleurs. Cela va des baskets aux meubles, des vêtements à toute la quincaillerie de l’électroménager, à la multitude de produits que nous consommons quotidiennement. D’autre part, car le très petit (relativement) marché chinois de la nouvelle classe moyenne (1 % de la population) constitue un énorme marché qui permet de tenir à flot des secteurs porteurs du capitalisme mondial. A Pékin seulement, il y a, chaque jour, 750 voitures supplémentaires qui encombrent les avenues et les cinq (bientôt six) périphériques qui enserrent la ville. Les 26 turbines du barrage des Trois Gorges fournies par Alstom ne sont sûrement pas à négliger dans l’état de santé du carnet de commandes de cette multinationale française… Et tant pis pour le million et demi de Chinois déplacés et qui se retrouvent désormais, pour la plupart, migrants sur les routes…
Il y a, dans le grand hall du China World Trade Center (sic !) à Pékin, qui fait partie d’un des plus luxueux complexes d’affaires du monde, une longue liste des entreprises ayant leur siège social sur place. Cette liste est, à quelques rares noms près, celle des multinationales qui gouvernent le monde où nous vivons.

La pollution est un des aspects de la dévastation qu’on observe aujourd’hui en Chine du fait du développement capitaliste actuel. Pollution de l’air des villes, des cours d’eau, des campagnes où les détritus s’accumulent partout, la pollution est au centre de la dégradation des conditions de vie de la population (voir « La Chine se détruit à force de trop croître », Philippe Grangereau, Libération du 6 juin 2006). Elle vient s’ajouter aux terribles conditions de travail, de logement et de transport existantes. C’est dans ce monde que vit le mingong, migrant de l’intérieur, qui travaille 12 à 14 heures par jour, sept jours sur sept, sur les chantiers pékinois où se construisent les installations olympiques, en gagnant 30 yuans par jour (3 euros) et en logeant dans des baraques de fortune.



ML - La chute du capitalisme d’Etat laisse habituellement un désert social derrière lui ; comment se fait la transition chinoise du « capitalisme d’Etat » vers le capitalisme classique ?

Il nous semble que la question est mal posée ; en Chine le capitalisme d’Etat n’a pas été renversé, comme en URSS ; il est toujours là (régime totalitaire, parti unique, absence d’élections) mais il se libéralise et se dégage de ses responsabilités « sociales » (enseignement, santé, retraites, etc.) Est-ce ça le « désert social » en question ?

La grande question théorique de la « transition » chinoise peut être abordée en peu de mots si on reprend l’explication qui fut naguère avancée par quelques marginaux des courants communistes anti-bolcheviques et anarcho-communistes sur le sens historique du capitalisme d’Etat : une période de l’histoire du capitalisme, celle de la création des conditions d’une exploitation moderne du travail. En effet cette explication semble parfaitement convenir à l’exemple chinois. Le capitalisme d’Etat a unifié la Chine, créé les infrastructures et les bases d’une production capitaliste, généralisé le salariat d’Etat et une classe ouvrière à l’échelle de tout le pays. Plus récemment, le mécanisme même de la décollectivatisation a accéléré cette prolétarisation de la population, expulsant des centaines de millions de paysans des terres, les poussant vers les villes. Les conditions d’exploitation en Chine sont aujourd’hui une aubaine pour le capitalisme mondial. Les capitalistes et leurs larbins, qui, depuis toujours, n’ont pas cessé de brailler contre le « manque de liberté des régimes socialistes », s’accommodent aujourd’hui avec bonheur de cet accouplement (annoncé naguère comme allant contre nature) entre une gestion totalitaire du travail et une sauvage exploitation privée — accouplement qui est l’essence du miracle chinois, du « socialisme de marché ».

ML - Quels sont les signes d’espoir ?

Les travailleurs chinois, s’ils restent soumis à cette sauvagerie, opprimés par sa misère et hantés par la peur du laogai, ne sont pas pour autant totalement résignés. De par ses traits culturels ancestraux et son expérience historique, le peuple chinois manifeste une irrévérence joviale, une initiative rebelle qui peut aussi bien motiver l’individualisme le plus agressif et l’obsession marchande la plus aliénante que déboucher sur la révolte violente la plus inattendue. On le voit quotidiennement dans les rapports avec l’Etat centralisé et autoritaire, on le voit dans les mouvements de grève et les manifestations qui se développent depuis des années. On le voit aussi, inversement, dans la peur des exploiteurs, toujours prêts à justifier la manière forte et la nécessité du totalitarisme. « Les Chinois sont trop nombreux ! Sans un gouvernement fort, ce serait l’anarchie. ». Cette attitude dissimule une peur immense. On tire à balles réelle sur les ouvriers en grève, sur les manifestants qui refusent d’être expulsés des immeubles ou des champs, celle ou celui qui ose prendre la tête d’une action collective est envoyé (par décision administrative, sans passer par les tribunaux) dans les camps de travail. Mais, en même temps, on lit dans la presse du parti (ou d’une tendance du parti…) des analyses dénonçant avec sévérité les conditions d’exploitation des mingong. Commentaire d’un jeune travailleur de Pékin à ce propos : « C’est un sujet d’actualité. Ils en parlent mais cela ne changera rien ! Et pourquoi alors ? Pour essayer de faire croire aux gens qu’on s’occupe de leur sort. Les autorités craignent des « événement contre-révolutionnaires » (formule officielle qu’il faut traduire par « révoltes »).
Comme nous disait un observateur local en parlant de la profonde insatisfaction populaire, les dirigeants chinois voient revenir dans chaque manifestation de révolte et d’autonomie — y compris dans le renouveau des pratiques religieuses — le fantôme des soulèvements du passé. La révolte des Taiping continue de hanter les riches qui fréquentent les luxueux centres commerciaux des nouveaux quartiers huppés.

Paris, 10 juin 2006-06-11

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Bibliographie sommaire :

Philippe Cohen et Luc Richard, La Chine sera-t-elle notre cauchemar ?, Mille et une nuits, 2005
Liao Yiwu, L’empire des bas-fonds, Bleu de Chine, 2003.
Lau Sanching, Dix ans dans les camps chinois, L’esprit Frappeur/Dagorno, 2001
Hsi Hsuan-wou et Charles Reeve, Bureaucratie, bagnes et business, L’insomniaque, 1997.

4:56 AM  
Blogger Zeferino said...

No http://faltapapel.blogspot.com , lançamos para reflexão o tema Globalização Selvagem / GM, Apareçam por lá e dêem-nos a vossa opinião.

10:45 AM  
Blogger YpsYlonY said...

já aqui ao lado

http://regressodezaratustra.blogspot.com/

7:17 AM  

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